Quand la fiction rencontre la réalité. Ft Nash

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Quand la fiction rencontre la réalité. Ft Nash

Message par Loïs McFadden » 27 Mars 2017, 18:28

Velvet Strand, Portmarnock.

Lorsque j’ai été amenée ici – à Dublin, pour rencontrer la monarque qui m’a offert de rester au château pour que je puisse grandir parmi les miens, j’ai du tirer un trait sur le confort ainsi que les habitudes que j’avais en Californie. Dans l’ensemble, cela ne m’avait pas paru excessivement difficile. J’étais enfin libre de mes mouvements, sans rendre des comptes à quelqu’un, et je pouvais mener ma vie comme je l’entendais. Bien entendu, en m’assurant de respecter cette unique règle qui m’était imposé – cela va de soi. Toutefois, je fus ravie de pouvoir sortir, travailler, ou même tourner autour de mon charmant inspecteur tatoué sans me faire gronder comme une petite fille. J’avais comme qui dirait : tout pour être heureuse. Vraiment. Et pourtant. Au fil des mois, vivre isolé – par ma seule faute, sous terre ; cela a finit par me faire regretter ma vie d’avant. Celle que je menais aux Etats Unis et où – chaque matin comme chaque soir, je pouvais derrière ma baie vitrée admirer le soleil se levant ou se couchant sur l’océan. Celle où – bien que j’agissais plus comme une mortelle qu’une immortelle, je me sentais à ma place. Cela me manquait de ne plus écrire avec pour point de vue la mer. Cela me manquait d’avoir quelqu’un qui puisse me comprendre. Et… de jour en jour, je me voyais prendre un chemin à l’exact opposé de celui que Trevor m’avait fait promettre d’emprunter avant de mourir. Lui qui voulait que je profite de mon éternité, que je m’amuse en faisant toutes ces choses qu’il m’était interdit, que faisais-je ? Je déprimais comme une pitoyable petite poche de sang humaine qui – parce qu’elle était en proie à un changement brutal d’existence, se retrouvait face à la page blanche. Autant dans sa vie personnelle que sur son ordinateur portable – qui plus est. Oui. Je n’arrivais plus à écrire. Toutes ces choses qu’il me plaisait d’imaginer, que je pouvais réaliser désormais, semblaient avoir déserté définitivement mon esprit. C’était – je dois le dire, assez gênant. Pour deux raisons. La première, si j’avais désormais la liberté de les exécuter, je m’en empêchais sans connaître la raison. La seconde, si j’avais un bon moyen de gagner de l’argent sans bouger mon joli fessier de mon canapé, je me menaçais toute seule de le perdre en ne respectant pas les délais de l’éditeur de Karen. Elle m’appelait souvent en proie à une certaine panique à ce propos, d’ailleurs. Elle me confiait qu’elle n’avait aucune inspiration, qu’elle doutait d’elle-même, et qu’elle commençait à remettre en question la possibilité qu’elle ait su écrire un livre. Loin d’elle, je ne pouvais pas me permettre d’effacer tout ceci en manipulant son cerveau. Par conséquent, je fus obligée – comme une parfaite humaine, de la réconforter par le biais de mots savamment trouvés. Mais j’avais beau lui expliquer que c’était normal – au vu de son statut d’auteure célèbre, d’éprouver ce genre de peur, cela ne résolvait pas le problème principal. Je devais écrire. Je devais écrire pour ensuite pouvoir lui amener le manuscrit, pour la convaincre – ainsi que sa petite famille, qu’elle avait bien passé ces dernières semaines à le saisir. Pour y parvenir, je décidais de faire une petite expérience. J’ignorais si elle serait concluante mais je me fis la réflexion que sans essayer je n’aurais jamais la réponse. M’étant mise aussitôt en quête d’une plage aux alentours de Dublin, je découvrais avec plaisir qu’il en existait une que je pouvais rejoindre en prenant le bus. Notant l’arrêt ainsi que les horaires sur un bout de papier, je m’habillais chaudement pour convaincre les humains que je souffrais autant qu’eux du climat encore frais de la saison, avant de quitter le château muni de mon ordinateur portable. Le fait d’avoir un but autre que Josh, me rendait déjà quelque peu heureuse. Je n’avais plus l’impression d’être si inutile – même si je ne faisais rien de bien extraordinaire. Une demie heure de trajet plus tard en bus, j’arrivais enfin à destination. L’air marin – vivifiant, m’avait incroyablement manqué. J’aimais le sentir jouer dans ma longue chevelure ébène, et - sans que je ne m’en aperçoive moi-même, un sourire de bonheur se dessina sur mes lèvres. il ne me restait plus qu’à trouver un endroit confortable – assez éloigné, pour pouvoir écrire au calme. Retirant mes bottes ainsi que mes chaussettes, que je tenais dans ma main libre, je descendais sur le sable pour longer la plage sur quelques kilomètres. J’avais toujours appréciée sentir le sable – chaud ou froid, sous ma voute plantaire. Trouvant finalement – après quelques minutes de marche, l’endroit qui me paraissait idéal ; je m’y installais – me fichant de salir mon jean noir, pour poser à même mes jambes mon ordinateur que j’allumais aussitôt. Sitôt que mon logiciel de traitement de texte se lança, je commençais ma rédaction. L’histoire – ainsi que les personnages, n’avait pas encore de forme. Mais je ne doutais pas qu’au fil des pages je trouverais la direction que je souhaitais leur faire prendre. Ce qui fut le cas. Après une dizaine de pages, un chapitre et demi, je découvrais que j’écrivais une histoire que j’aurais moi-même aimé vivre. Celle d’une femme qui, assise sur le sable, le regard perdu sur l’horizon, faisait la rencontre par hasard d’un homme ressemblant comme deux gouttes d’eau à son défunt compagnon. J’imaginais – un sourire aux lèvres, l’idylle qui naitrait entre eux. Comme si son compagnon était revenu de l’au delà pour reprendre leur histoire là où elle c’était brusquement interrompu. Levant brièvement mon regard en direction d’un homme qui m’observait, au loin, je repris aussitôt mon écriture tant les idées fusaient. J’étais enfin dans mon élément. Cette pensée me comblait de joie.
Loïs McFadden
 

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